récital augmenté sur la musique de Debussy

EN COURS DE CREATION

Présentation de la première étape de travail 

25 septembre 2020 à 20h

9 passage de la Main d'Or - Paris 11

Première

27 décembre 2020 au Théâtre d'Hardelot

La Chevelure, Estèves _ Krüger, B-RecordArtist Name
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« Il aimait la musique comme la tulipe de cristal aime le choc qui tire d’elle un son pur »

Debussy est un personnage équivoque, double, un « faune » comme se plaisent à l’appeler ses amis, parmi lesquels Colette : «Son rire de Faune ne répondait pas à nos rires mais à une sollicitation intérieure »
Sa vie intérieure reformulait sans cesse le monde qui l’environnait dans une langue qui lui est propre, sa « petite alchimie » comme il aimait la nommer…
C’est cette alchimie musicale que nous explorons, en cherchant à lui donner; à travers l'utilisation des corps et du mouvement, une forme visuelle qui invite à mieux ressentir, à re-découvrir cet art si particulier. A travers ce récital « augmenté », nos deux personnages entrent dans un songe explorateur de l’univers intérieur de Debussy, en y étant à la fois les protagonistes et les artisans.
La recherche d'une forme hybride qui pourrait faire entendre sa musique de la manière la plus directe, libre et jaillissante possible.
De quoi est elle faite ? Que nous dit-elle ?

Les plasticiens sonores et corporels que deviennent les deux artistes donnent la parole à Debussy, à son imaginaire, à sa machine créative intérieure, et s'insinuent dans les articulations délicates et subtiles d'une musique très éloquente et organique en ce sens que, comme un organisme vivant, elle ne renie pas sa nature au profit du signifiant, elle garde en elle comme un grand soupir, le bruissement du réel.

Et cette musique se transforme comme le ferait un organisme : par la métamorphose.
Le Cabaret du Faune est en quelque sorte un grand numéro de métamorphose où les images créées par le jeu, les corps, la lumière, l’espace, les costumes nous transportent dans un univers mouvant et onirique, nous réservant également de piquantes ruptures avec la musique de contemporains de Debussy ou avec de savoureuses chansons réalistes qu’il entendait au cabaret.

Le Chat Noir ou le Reynolds, que Debussy frequentait regulièrement dans ses jeunes années, étaient des lieux de brassage et de rencontre du milieu artistique parisien où on y trouvait, selon Jean Lorrain, "le mauvais goût le plus sûr à côté de trouvailles exquises… ». L’ambiguité est constitutive de cet entre-deux-mondes qu'est le cabaret, ou le cirque, dont l’épaisseur équivoque laisse entrevoir les abysses sous les beaux atours.

Les pièces qu’il écrivit dans ses jeunes années sont ici mises en dialogues avec des oeuvres plus tardives, des oeuvres de ses contemporains (Satie, Chausson), des compositeurs qui le marquèrent (Wagner, Rameau, Rimsky-Korsakov) et des chansons populaires et réalistes qu’il écoutaient au cabaret.
Ici la reine de la soirée est une créature hybride qui se cherche et se métamorphose. Est-ce Debussy ? Est-ce son esprit créatif qui fouille et élabore en même temps qu’il s’élabore ? Est-ce le Faune emprisonné dans son psychisme ?

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